« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »
Romains 3:23 (Verset à mémoriser)
Introduction
Dans le chapitre précédent de son épître à l’Église de Rome, l’apôtre Paul enseignait que Dieu ne justifierait pas tout Juif simplement en raison de sa lignée avec Abraham. Il ferait plutôt reposer l’acceptation de quiconque — Juif ou païen — sur les mêmes conditions, à savoir la repentance et la foi. « Si donc l’incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision ? » (Romains 2:26). L’implication de cette doctrine est que Dieu ne se laisse pas influencer par des considérations extérieures telles que la race ou la nationalité. Il exige « la vérité au fond du cœur » tant chez les Juifs que chez les païens.
Les Juifs s’étaient opposés à l’enseignement de Paul qui les plaçait sur le même piédestal que les païens, annulant ainsi les privilèges de leur relation avec Abraham et l’alliance de la circoncision. Cependant, l’apôtre insiste : « Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair » (Romains 2:28). Il montre, par les écrits inspirés de leurs propres prophètes, la désapprobation de Dieu et son avertissement contre leurs péchés et leurs fausses suppositions (Romains 3:19,20,25 avec Psaume 143:2, Lévitique 16:15). L’apôtre poursuivait le même but à l’égard des païens. Il écrivit : « Car tous (Juifs et païens) ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23).
1. LE PÉCHÉ DES JUIFS
Romains 3:1-9 ; 2 Rois 22:6-20 ; Romains 6:1,2 ; 3:9
« Quel est donc l’avantage des Juifs, ou quelle est l’utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés » (Romains 3:1,2). L’apôtre Paul ne nie pas que les Juifs avaient certains avantages sur les païens. Le point est cependant qu’il est une chose d’avoir un avantage initial, mais une tout autre chose d’en tirer profit jusqu’au bout. La porte de l’acceptation auprès de Dieu était ouverte aussi bien aux Juifs qu’aux païens. Dans la course vers cette porte, les Juifs ne surent pas tirer le meilleur parti de leurs privilèges et de leur avantage, les transformant en un privilège pour le péché. Le plus important des privilèges d’Israël est que « les oracles de Dieu leur ont été confiés ». Ils avaient reçu la révélation de la volonté de Dieu par la loi de Moïse et les écrits des autres prophètes, privilège que les autres nations n’avaient pas au commencement. Au lieu de saisir ce privilège, ils devinrent des opposants à l’évangile de Christ, transformant ainsi leurs privilèges en pierre d’achoppement. La connaissance de l’Écriture, correctement appliquée, agit comme une boussole spirituelle pour prévenir toute déviation par rapport à Christ. Elle aide à revenir dans la bonne voie. Un exemple de cette juste application du privilège se trouve au commencement du règne du roi Josias, lorsque la découverte du livre de la loi dans le temple par Hilkija, le souverain sacrificateur, provoqua une réforme spirituelle et un retour à Dieu (2 Rois 22:6-20). C’est toujours un signe de la miséricorde de Dieu lorsqu’il rend sa parole prépondérante au sein d’un peuple, d’une famille ou d’une église.
« Eh quoi ! si quelques-uns n’ont pas cru, leur incrédulité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? » (verset 3). L’apôtre soutient que la fidélité et la sainteté de Dieu garantissent que ceux, parmi les Juifs, qui étaient fidèles aux termes de son alliance et qui avaient bien usé de leurs privilèges, ne seront certainement pas privés des bienfaits de leur obéissance, malgré la désobéissance de leurs compatriotes. Comme le dit l’Écriture : « J’ai juré une fois par ma sainteté : Mentirai-je à David ? » (Psaume 89:35, LSG 89:36). Il enseigne toutefois aussi que Dieu ne fermera nullement les yeux sur les péchés des Juifs, malgré leur argument spécieux selon lequel il en magnifierait ainsi sa grâce. « Mais si notre injustice établit la justice de Dieu, que dirons-nous ? Dieu est-il injuste quand il déchaîne sa colère ? (Je parle à la manière des hommes.) Loin de là ! Autrement, comment Dieu jugerait-il le monde ? » (Romains 3:5,6).
Il y avait parmi les Juifs certains qui cherchaient à excuser l’incrédulité et la désobéissance de leurs compatriotes. Ils soutenaient qu’il serait injuste que Dieu punisse les Juifs pour leurs fautes, alors que ces mêmes péchés avaient contribué à une plus grande gloire de Dieu en suscitant, chez les païens, une plus large connaissance de Dieu. Même en suivant leur propre raisonnement, l’apôtre soutenait que le péché ne devient pas moins coupable simplement parce que Dieu, dans sa puissance et sa souveraineté, a tourné ce péché à sa gloire. Nous ne devons pas faire le mal afin qu’il en arrive du bien (verset 8).
Certains prétendaient même, à tort, que l’apôtre Paul enseignait une telle absurdité. Or, ni l’alliance de la circoncision avec Israël, ni la grâce gratuite de Dieu étendue aux païens, ne peuvent être prises pour une licence de pécher. Il développa d’ailleurs la même vérité plus loin dans cette épître : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » (Romains 6:1,2). Il conclut que les Juifs n’avaient pas plus de droit au royaume de Dieu que les païens. « Quoi donc ! Sommes-nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché » (verset 9). « Tous ont péché » et ont besoin de « la justice que Dieu impute ».
2. LE PÉCHÉ : UN DILEMME UNIVERSEL
Romains 3:10-18 ; 2 Corinthiens 13:5, Psaumes 140:3 ; 141:7, Ésaïe 59:7,8 ; Proverbes 15:4
« Selon qu’il est écrit : Il n’y a point de juste, pas même un seul » (verset 10). S’appuyant sur les Écritures, l’apôtre Paul démontre par inspiration le péché de toutes les âmes, Juifs et païens : abandonné à lui-même, nul ne recherche Dieu ni ne mène une vie juste — « pas même un seul ». Il cite l’Ancien Testament et énumère certains des plus sévères réquisitoires des prophètes de Dieu contre les Juifs comme contre les païens. Les véritables croyants, au contraire, se voient imputer la justice de Christ et rendent témoignage de leur libération de l’esclavage du péché. Nous pouvons donc mesurer la vérité de ce que nous prétendons en Christ en nous examinant nous-mêmes à la lumière de ces critères scripturaires, afin de savoir si Christ est véritablement en nous, ou si nous sommes des réprouvés (2 Corinthiens 13:5).
Premièrement, « Il n’y a point de juste, pas même un seul » (verset 10). Le vrai croyant manifeste en toute situation une véritable justice par la foi en Christ (Philippiens 1:9). Rendus capables par sa grâce, nous pouvons marcher sur les traces de celui qui « n’a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude » (1 Pierre 2:22).
Deuxièmement, « Nul n’est intelligent » (verset 11). Christ nous a donné l’intelligence pour connaître celui qui est véritable et pour discerner la vérité de l’erreur.
Troisièmement, « Nul ne cherche Dieu » (verset 11). Toute fausse religion éloigne les hommes de Dieu, mais nous savons que Christ est l’unique chemin qui mène à lui.
Quatrièmement, « Tous sont égarés » (verset 12). Ne pas accueillir Christ avec sincérité revient à tâtonner dans les ténèbres et à finir dans le tourment éternel.
Cinquièmement, « Tous sont pervertis » (verset 12). Les croyants étaient autrefois inutiles à Dieu, aux autres et à eux-mêmes. Mais le fait d’avoir accepté Christ a fait de nous ses serviteurs utiles, profitables à nos communautés et à nos familles par une influence pieuse et quotidienne (Philémon 11).
Sixièmement, « Il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (verset 13-2:14).
Septièmement, « Leur gosier est un sépulcre ouvert » (verset 13). Le langage grossier et offensant de la personne non régénérée reflète la corruption de son cœur, tandis que les paroles du croyant sont « toujours accompagnées de grâce, assaisonnées de sel » (Colossiens 4:6).
Huitièmement, « Ils se servent de leurs langues pour tromper » (verset 13). Les pécheurs sont des semeurs de discorde qui cherchent toujours à tirer avantage des autres, mais la langue du juste est un arbre de vie (Proverbes 15:4).
Neuvièmement, « Ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic » (verset 13). Les paroles des personnes non régénérées sont comme un poison capable de détruire autrui, mais les vrais croyants édifient et communiquent une grâce à ceux qui les entendent (Éphésiens 4:29).
Dixièmement, « Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume » (verset 14). La haine et la malveillance qui habitent le cœur des pécheurs s’expriment par des paroles caustiques et amères, tandis que la langue des saints est tenue en bride par l’Esprit (Jacques 1:26).
Onzièmement, « Ils ont les pieds légers pour répandre le sang » (verset 15). Poussés par la haine de leur cœur, les pécheurs peuvent facilement en venir à répandre le sang par le meurtre pur et simple, l’avortement ou le suicide. Les saints, eux, sont inoffensifs comme des colombes, répandant l’amour, la vie et la réconciliation.
Douzièmement, « La destruction et le malheur sont sur leur route » (verset 16). Le péché est comparé au levain, agent de corruption, de décomposition et de régression, accompagné de souffrance humaine. Les croyants, en revanche, sont comparés au sel, qui a un effet préservateur et assaisonnant.
Treizièmement, « Ils ne connaissent pas le chemin de la paix » (verset 17). L’homme naturel a une tendance à la discorde et au conflit, que ce soit en tant qu’individu, membre d’une famille ou d’un groupe. Les enfants de Dieu sont des artisans de paix, prêts à faire des concessions et des sacrifices pour la poursuivre.
Quatorzièmement, « La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux » (verset 18). La racine du péché de l’humanité est l’absence de crainte révérencielle envers Dieu, d’amour et de soumission à son égard. L’attitude des croyants envers Dieu est mue par l’amour, une crainte sanctifiante et la gratitude.
3. LE SALUT POUR TOUS PAR LE SANG DE CHRIST
Romains 3:19-31 ; Luc 18:11 ; Psaume 14:2,3 ; Actes 14:7 ; Romains 4:25 ; 2 Corinthiens 5:21
« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (versets 23,24). Le péché peut être défini comme toute pensée, parole ou action qui n’atteint pas la norme de sainteté et de perfection de Dieu. Cette définition montre pourquoi il est impossible à un être humain déchu, livré à lui-même, d’atteindre une justice acceptable par la loi. Pour qu’un homme soit déclaré juste, cela doit se faire en dehors de la loi. « Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi » (verset 20). La loi morale donnée par Dieu est si loin de justifier l’homme qu’elle ne réussit qu’à exposer et à déclarer son état de pécheur. Elle n’offre aucun espoir, puisque « c’est par la (morale) loi que vient la connaissance du péché » (verset 20). De même, la loi cérémonielle, avec ses sacrifices répétés de sang animal, est elle aussi impuissante à traiter notre péché. « Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés » (Hébreux 10:4).
La solution à la situation critique de notre péché ne réside que dans la grâce gratuite de Dieu. Cette grâce nous est donnée en don par notre Seigneur Jésus-Christ. Lorsqu’un pharisien chercha à faire valoir son acceptation devant Dieu en exhibant les mérites de ses « bonnes œuvres », notre Seigneur Jésus-Christ déclara qu’il ne pouvait être justifié : « Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain » (Luc 18:11). La norme de justice requise n’est pas seulement la moralité des hommes, mais la perfection et la sainteté de Dieu, et celle-ci ne peut être atteinte que par Christ. La confiance des Juifs dans la loi est anéantie par le jugement que le psalmiste porte sur eux : « L’Éternel, du haut des cieux, regarde les fils de l’homme, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui cherche Dieu… Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (Psaume 14:2,3).
Quant aux païens, bien qu’ils n’aient reçu aucune loi codifiée, Dieu ne les a pas laissés sans témoignage. Il manifeste parmi eux son être, sa miséricorde, son ordre, sa sagesse et sa puissance à travers sa création. Or, ce témoignage de l’être de Dieu et de ses attributs, au lieu de conduire les païens à le glorifier comme Dieu et à lui rendre grâces, les a menés à leur propre corruption et à des idolâtries grossières et abominables, ainsi qu’à d’autres pratiques démoniaques. Ainsi, les Juifs avec la loi et les païens sans la loi sont tous également coupables devant Dieu.
Le péché a créé une rupture entre Dieu et l’humanité, rendant nécessaire une réconciliation. La Majesté divine offensée est disposée à se réconcilier avec l’humanité pécheresse. Dieu lui-même a désigné le Médiateur de cette réconciliation de l’humanité avec lui-même : notre Sauveur a accompli cela d’une manière qui ne fait aucun compromis, tout en satisfaisant les exigences de sa justice. Il a fourni le Représentant parfait de l’homme, qui a porté nos péchés et nos offenses, et qui a été ressuscité pour notre justification et pour la paix de la réconciliation. Tout comme Christ, qui n’a point connu le péché, est devenu péché pour nous, ainsi nous aussi, qui croyons en lui, sommes faits justice de Dieu en lui (2 Corinthiens 5:21).
Questions pour la révision
1. Mentionnez les avantages initiaux que les Juifs avaient sur les païens.
2. Qu’est-ce que le péché, et quels sont les péchés des pécheurs ?
3. Pourquoi tous les hommes sont-ils déclarés pécheurs ?
4. Expliquez pourquoi il est absurde de défendre le péché sous prétexte que la grâce de Dieu en est ainsi magnifiée.
5. Pourquoi y a-t-il besoin de réconciliation ?
6. Comment un pécheur peut-il être réconcilié avec Dieu ?
7. Quel danger attend l’âme impénitente dans l’éternité ?