VERSET À MÉMORISER
“Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang” (Actes 20:28).
TEXTE : Actes 20:1-38
L’apôtre Paul avait passé un temps considérable en Asie à prêcher et à exercer le ministère de l’Évangile. Il avait été un puissant instrument entre les mains de Dieu pour l’évangélisation de l’Asie Mineure avec une multitude de personnes se tournant vers le Seigneur. Ses exploits n’étaient toutefois pas sans opposition et persécution significatives de la part des ennemis de l’Évangile, car sa vie était constamment menacée et en danger. Un exemple en est le chaos et le tumulte qui ont accompagné son action missionnaire, orchestrés par Démétrius, le porte-parole de la déesse Diane dans la ville d’Éphèse.
Après le tumulte cependant, l’apôtre décida de voyager à travers Milet en route vers Jérusalem, espérant rejoindre les frères pour la fête de la Pentecôte. Mais il devait rencontrer les anciens de l’Église d’Éphèse pour une rencontre d’adieu en raison de son souci et de son amour pour l’Église de cette ville. Ses pressentiments et sa crainte pour l’avenir de cette Église qui avait été née à un grand prix pour sa vie (ayant « combattu contre les bêtes d’Éphèse »), et son exhortation à la fermeté et à la vigilance constituent l’essentiel de cette leçon.
- LE COURAGE ET LA DEVOTION MALGRE LA PERSÉCUTION
Actes 20:1-16 ; 2 Timothée 3:12 ; Jacques 5:10 ; 1 Pierre 2:20 ; Matthieu 10:22 ; 1 Pierre 5:10 ; Deutéronome 31:6 ; Psaume 27:3 ; Matthieu 28:18-20
Le message d’adieu et la communion de Paul avec les frères d’Éphèse et de ses environs côtiers constituent une démonstration claire du courage face à la persécution. Il « appela les disciples, les embrassa, et partit pour aller en Macédoine. Et lorsqu’il eut traversé ces régions et qu’il leur eut adressé de nombreuses exhortations, il arriva en Grèce » (Actes 20:1,2).
Il faut du courage pour rester inébranlable dans ses convictions et dans son devoir. L’apôtre devait exhorter ces disciples afin de fortifier leur cœur et leur rappeler que la persécution faisait partie de l’appel du croyant et du signe d’identification avec le Seigneur (Marc 10:29,30). Paul savait déjà que souffrir pour Christ faisait partie de l’appel de Dieu sur sa vie (Actes 9:16), vérité qu’il réaffirma dans son épître aux Philippiens : « Car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Philippiens 1:29).
Alors que Paul se rendait d’Éphèse à la Macédoine puis en Grèce, il était totalement engagé dans l’affermissement des disciples afin qu’ils demeurent dans le Seigneur et restent inébranlables dans leurs convictions. La grande commission va au-delà du fait de conduire les gens à Christ : elle implique d’enseigner aux convertis à observer tout ce que le Seigneur a commandé, de les former à devenir des ouvriers efficaces dans le royaume et de les encourager à être forts dans le Seigneur.
« Et le premier jour de la semaine, lorsque les disciples étaient réunis pour rompre le pain, Paul, qui devait partir le lendemain, leur adressait la parole et prolongea son discours jusqu’à minuit » (Actes 20:7).
Alors que Paul quittait Éphèse pour aller en Macédoine (Actes 20:1,2), il traversa la Grèce et arriva à Troas. La ville de Troas était un important port maritime sur la mer Égée, dans le nord-ouest de l’Asie Mineure, et était le principal port entre l’Asie Mineure et la Macédoine. Dans ses voyages missionnaires, Paul se concentrait principalement sur les grandes villes commerciales et les capitales d’où il espérait que l’Évangile serait répandu vers d’autres parties du monde.
Il visita Troas régulièrement, au moins trois fois. On se souvient que lors de son deuxième voyage missionnaire, alors qu’il était à Troas, il reçut la vision de « passer en Macédoine » (Actes 16:8,9). Environ sept ans plus tard, il y retourna après des jours d’incrédulité. C’est à peu près à cette période qu’il écrivit sa première épître à l’Église de Corinthe et enseigna que Christ notre Pâque, et que les chrétiens doivent vivre une vie sincère et vraie ; des vertus dont les incroyants ont besoin (1 Corinthiens 5:7,8).
Le premier jour de la semaine, lorsque les disciples étaient réunis pour rompre le pain, Paul prononça un long sermon, mais il n’y avait pas assez de places pour la congrégation. Un jeune homme, Eutychus, qui était assis à une fenêtre, tomba dans un profond sommeil et tomba du troisième étage au sol, mort. Il fut cependant ramené à la vie par Dieu à travers la puissante prière de Paul.
Paul alla à pied jusqu’à Assos et navigua par la mer jusqu’à Mitylène. Le lendemain, il navigua vers Chios, puis vers Samos et ensuite vers Milet, d’où il envoya chercher les anciens de l’Église d’Éphèse. Sa vie démontrait une consécration absolue et qu’un évangéliste engagé est totalement consacré à l’accomplissement de la grande commission.
Dieu ne reconnaît aucune frontière nationale dans cette mission. Il commande à l’Église de chercher les perdus, au loin comme au près. Comme Paul, les hommes et femmes qui porteront l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre doivent être des personnes ayant une expérience actuelle du salut, de la sanctification et du baptême du Saint-Esprit. Les vrais missionnaires ont aussi besoin de l’appel de Dieu pour servir, tout en démontrant une détermination, une fidélité et un engagement sans faille.
- LE SOIN ET PRÉOCCUPATION POUR LE TROUPEAU
Actes 20:17-27 ; 2 Corinthiens 1:12 ; 1 Thessaloniciens 2:1-11 ; 2 Corinthiens 2:17 ; 4:2 ; Matthieu 20:25-28
Bien qu’il fût pressé d’atteindre Jérusalem, Paul considérait le bien-être des frères comme plus important que cette mission. Ceux qui abandonnent les brebis du Christ à la poursuite de profits matériels doivent mesurer leur décision à la lumière du prix payé par Christ pour acquérir son Église (Actes 20:28).
À Milet, à environ 30 miles d’Éphèse, Paul convoqua les anciens pour une réunion cruciale afin de délibérer sur l’avenir de l’Église d’Éphèse.
« Et lorsqu’ils furent venus vers lui, il leur dit : Vous savez de quelle manière je me suis toujours comporté avec vous depuis le premier jour où je suis entré en Asie » (Actes 20:18).
La manière dont il allait et venait parmi eux ne laissait aucun doute sur sa sincérité et son engagement dans l’œuvre. Son activité consistait à servir le Seigneur, promouvoir son honneur et préserver ses intérêts. Il accomplissait son œuvre avec humilité d’esprit.
Son discours révèle :
i. Il servait le Seigneur avec larmes
Il servait le Seigneur avec beaucoup de larmes (Philippiens 3:18) et poursuivait son œuvre malgré une forte opposition et les épreuves qui lui arrivaient « par les embuscades des Juifs ». Il ne laissait pas l’attitude hostile des gens affaiblir sa détermination à prêcher.
- Il était travailleur
Il prêchait publiquement et de maison en maison.
« Car je n’ai rien caché pour vous annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27).
iii. Il était un veilleur fidèle
Il avertissait les autres du jugement à venir (Ézéchiel 33:1-7).
- Il préservait la pureté du message
Il n’ajoutait rien et ne retranchait rien au message qui lui avait été confié pour l’Église.
En vérité, Paul était un modèle digne d’être imité par tous les vrais ministres (1 Timothée 1:16).
- LE CONSEIL AUX MINISTRES ET LA MISE EN GARDE CONTRE LES FAUX ENSEIGNANTS
Actes 20:28-38 ; Jude 4,14-20 ; 1 Jean 4:1-3 ; Matthieu 7:15 ; 24:24 ; 2 Pierre 2:1-3 ; 3:1-5 ; Ézéchiel 34:2-3 ; Zacharie 11:17 ; 2 Timothée 4:5 ; Colossiens 1:28
« Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang » (Actes 20:28).
Tout ministre appelé et envoyé a un double devoir : prendre garde à lui-même et au troupeau confié à sa charge.
Comme serviteurs de Christ, nous devons d’abord veiller sur notre conduite et nous assurer que nous sommes des exemples pour le troupeau. Nous devons prendre garde à ce que notre comportement ne contredise pas notre doctrine, en rejetant les péchés que nous condamnons chez les autres (1 Timothée 4:12).
Deuxièmement, nous devons prendre garde « …à tout le troupeau », pour le nourrir, l’instruire, l’enseigner, le guider et le protéger contre ceux qui sont prêts à le dévorer.
« Car je sais qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau » (Actes 20:29).
Par inspiration, l’apôtre pouvait discerner l’avenir de l’Église d’Éphèse ; il voyait à l’avance des loups redoutables attaquer le troupeau que Christ a racheté à si grand prix et que l’apôtre avait travaillé jour et nuit à préserver.
Il est particulièrement à noter que ces loups sortiraient même du milieu de l’Église, n’épargnant pas le troupeau, propageant le mensonge afin d’égarer les membres non avertis.
Paul rappela aux anciens qu’il n’avait convoité les biens de personne. Il avait travaillé honnêtement et démontré un service sacrificiel. Il encouragea aussi les croyants à soutenir les faibles et à cultiver une vie de don, en rappelant les paroles du Seigneur : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35).
Nous devons « paître » et non dépouiller le troupeau pour notre propre profit. Leur bien-être physique et spirituel doit être une grande préoccupation pour nous.
« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, non pour un gain sordide, mais avec dévouement » (1 Pierre 5:2 ; Ézéchiel 34:2-12 ; Luc 12:42).
La présence de Paul avait été la force de retenue contre les activités de ces adversaires et un moyen de protéger l’Église et de la préserver (Galates 2:4-6 ; 1 Timothée 1:20).
Maintenant qu’il partait, la possibilité que ces ennemis dispersent le troupeau devenait une inquiétude pour l’apôtre. Ils tenteraient d’introduire des hérésies pernicieuses et destructrices (2 Pierre 2:1).
Les ennemis les plus dangereux de l’Église ont souvent été nourris dans son propre sein. Certains ont embrassé l’Évangile pur jusqu’à être capturés par une ambition démesurée, comme Diotrèphe (3 Jean 1:9), Phygelle ou Hermogène (2 Timothée 1:15), ou encore Hyménée et Alexandre (1 Timothée 1:20).
Les hommes qui aiment le pouvoir et cèdent à sa convoitise causent des divisions et ralentissent la marche de l’Église vers le progrès. Il est donc du devoir de chaque croyant de rester constamment sur ses gardes contre ces agents du diable afin de ne pas perdre notre héritage au profit de l’ennemi.
« Maintenant, frères, je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui peut vous édifier et vous donner l’héritage avec tous les sanctifiés » (Actes 20:32).
Sur le point de les quitter, l’apôtre les remit à la garde fidèle de Dieu, sachant pleinement que malgré les dangers qui rôdent dans l’Église, Dieu est capable de préserver les siens (2 Timothée 1:12).
« La parole de sa grâce… » est à la fois sûre et ferme et possède la capacité d’édifier et de préserver ceux qui ont soumis leur vie à son autorité. Elle est un grand préservatif contre la décomposition spirituelle et la destruction, l’erreur et les hérésies. Les croyants qui espèrent vaincre le monde et ses tendances destructrices ne peuvent se passer de la Parole comme rempart.
En concluant son sermon d’adieu, l’apôtre révéla son témoignage de sincérité, de travail acharné, d’autosuffisance et de service sacrificiel.
« Je n’ai convoité ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. »
Il ne faisait pas partie de ceux qui exploitent les brebis pour satisfaire leur avidité. À Corinthe, il travailla avec Aquilas (Actes 18:3) ; il rappela qu’il s’était volontairement soutenu lui-même, en partie par son propre travail (1 Corinthiens 4:12 ; 1 Thessaloniciens 2:9 ; 2 Thessaloniciens 3:8).
Comme les serviteurs de Christ ont besoin aujourd’hui d’imiter cet apôtre et de vivre par l’exemple ! Il montra que tout chrétien peut laisser un témoignage digne derrière lui.
Paul leur recommanda de s’engager dans le don et le soutien envers les plus démunis, car cela attire davantage de bénédictions du Seigneur. Ceux qui pratiquent le don connaissent une joie et un accomplissement bien plus grands que ceux qui dépendent des autres.
Notre Seigneur Jésus lui-même approuve ce mode de vie lorsqu’il dit :
« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35).
Des occasions abondent autour de nous pour tendre la main à quelqu’un. L’Écriture nous exhorte à ne pas nous lasser de faire le bien, car nous moissonnerons si nous ne faiblissons pas (Galates 6:9-10).
Lorsque ce grand apôtre prenait congé des anciens d’Éphèse, il pria avec eux et pour eux. Ce fut une séparation difficile, non seulement parce qu’il leur dit qu’ils ne reverraient plus son visage, mais aussi parce qu’il avait été un instrument d’encouragement, de soutien et de vie chrétienne exemplaire pour eux. Il les aimait d’un amour sincère.
Les croyants et les responsables chrétiens devraient vivre et se comporter de telle manière que, lorsqu’il est question de transfert ou de relocalisation, les autres n’aient pas lieu de s’en réjouir. C’est une tragédie lorsque les frères poussent au transfert ou à la relocalisation de leurs responsables spirituels.
Paul et les frères se séparèrent finalement dans la prière et les larmes, croyant que, s’ils ne se revoyaient pas ici-bas, ils se rencontreraient au ciel, aux pieds de Christ.