« Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? »
Romains 6:1,2 (Verset à mémoriser)
Introduction
L’apôtre Paul a démontré dans nos leçons précédentes que tous les hommes, Juifs et païens, sont pécheurs. Il a aussi montré comment Dieu, dans sa grâce, tient compte de la foi comme justice et justifie ainsi le pécheur « sans les œuvres de la loi ». En effet, « nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi », mais « à celui qui ne fait point d’œuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice » (Romains 3:28,20 ; 4:5).
Dans la présente étude, l’apôtre s’intéresse à la vie de ceux qui sont justifiés par grâce. Il entreprend de dissiper l’idée fausse de certains croyants de nom, qui pensent que ceux qui sont justifiés par grâce pourraient continuer à vivre dans le péché, leurs mauvaises actions étant couvertes par la grâce toujours plus grande de Dieu. Il affirme que la grâce n’autorise nullement les croyants à persévérer dans le péché. Une telle croyance erronée revient à changer la grâce de Dieu en dissolution, puisqu’elle nie complètement le but du sacrifice du Christ, qui est mort comme l’Agneau de Dieu pour « ôter les péchés » et qui a versé son sang pour nous « purifier de toute iniquité » (1 Jean 3:5 ; 1:9).
Paul se sert de l’image du baptême d’eau pour montrer que la justification est divinement conçue pour conduire à une identification totale avec le Christ dans la justice, l’obéissance à Dieu et une vie sainte. Il présente la justice et la sainteté de vie comme la preuve incontestable de la justification. Tolérer le péché, sous quelque prétexte que ce soit, est donc contraire aux Écritures et inacceptable, car la grâce de Dieu a un immense pouvoir pour briser complètement l’emprise du péché sur toute vie et libérer le pécheur (Romains 5:20). Sauvés et justifiés, nous avons fait l’expérience de la grâce de Dieu, et cette grâce nous donne la force et nous enseigne « à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse » (Tite 2:12).
L’INCOHÉRENCE D’UNE VIE DANS LE PÉCHÉ APRÈS LA JUSTIFICATION
Romains 6:1-10 ; 1 Corinthiens 10:2 ; Galates 2:20 ; 2 Corinthiens 5:17 ; Romains 4:25 ; 1 Jean 5:10
« Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » (Romains 6:1,2). La surprise et la désapprobation que traduisent les questions rhétoriques de Paul montrent combien il est absurde et impensable de voir dans l’acte de justification, par lequel Dieu fait grâce, un encouragement à continuer dans le péché. Il explique donc que le but pratique de la justification est d’unir les justifiés au Christ et de leur faire connaître une vie nouvelle. L’apôtre illustre ce point par l’ordonnance du baptême d’eau.
Lorsqu’une personne est sauvée, elle est « baptisée en Jésus Christ » (verset 3), en ce sens qu’elle est identifiée avec le Christ dans sa mort et sa résurrection. L’immersion du converti dans l’eau représente la mort et l’ensevelissement du vieil homme, tandis que la sortie de l’eau signifie la résurrection. Ainsi, la mort et la résurrection du Christ prennent une portée représentative pour les justifiés. « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (verset 4). Ayant été ensevelis et ressuscités avec le Christ, le croyant déclare sans paroles que « le vieil homme », c’est-à-dire la nature pécheresse, est mort et enterré, et que c’est le Christ qui vit désormais en lui (Galates 2:20). Tous ceux qui sont justifiés et qui ont en eux le Christ ressuscité se regardent comme « morts au péché » et « vivants pour Dieu » (verset 11). Ils marchent en nouveauté de vie, dans la sainteté et la justice.
Dans l’Écriture, la mort spirituelle précède la vie spirituelle et la fécondité. Le Christ affirme : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Il révèle cette vérité à propos de sa propre mort et, par extension, de la nôtre. Nous devons croire, et montrer par notre conduite, que « notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché ». Grand est le mystère de la piété ! Outre la liberté que la justification produit en nous, nous avons l’espérance que « nous vivrons aussi avec lui » dans le ciel, si nous continuons à demeurer en lui (Romains 6:5-10).
LA CONFIRMATION DE LA VIE NOUVELLE EN CHRIST
Romains 6:11-19 ; Philippiens 2:12,13 ; Romains 8:9 ; 5:5 ; 1 Jean 5:3 ; 1 Corinthiens 9:21 ; Galates 6:2
« Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises » (versets 11,12). Paul enseigne que, de même que le Christ est ressuscité des morts pour continuer à vivre pour Dieu, les croyants doivent faire de même. Il emploie le mot « ainsi » pour faire l’application et montrer la responsabilité des croyants dans la mort de notre « vieil homme » et la « nouveauté de vie » qui en découle. La mort du croyant au péché s’accomplit par une action et une attitude volontaires, sous la grâce du Christ. Nous nous « regardons » comme morts au péché, grâce à la puissance de la grâce de Dieu, en répondant délibérément aux tentations comme un mort ne peut répondre aux séductions et aux provocations. Lorsque le vieil homme en nous est mort, il cesse d’influencer nos choix et nos décisions. Paul enseigne aussi les principes qui gouvernent la vie des justifiés par l’expression « Que le péché ne règne donc point » : il ne faut pas laisser le péché « régner » dans le domaine de la pensée, de l’imagination et de la volonté, car il ne peut avoir de pouvoir sur nous s’il n’a d’abord soumis nos pensées, et il finirait alors par nous faire obéir à ses penchants. C’est pourquoi nous devons garder notre esprit : « Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées » ; « chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis, lorsque la convoitise a conçu, elle enfante le péché » (Marc 7:21 ; Jacques 1:14,15). La grâce donne aux croyants le pouvoir d’empêcher le péché de couver dans leur cœur et de l’empêcher ainsi d’éclore en actes coupables. C’est dans cette attente que les croyants doivent constamment s’exhorter à travailler à leur « salut avec crainte et tremblement » (Philippiens 2:12). Cette exhortation ne parle pas d’un salut par les œuvres, mais souligne la volonté active du croyant sincère de pratiquer la parole de Dieu et de s’appuyer sur sa grâce qui le rend capable.
L’apôtre emploie aussi le mot « livrer » à propos de l’expression de la grâce. « Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice » (verset 13). Le refus de livrer les membres de notre corps comme instruments d’iniquité est une preuve de la grâce de Dieu dans notre vie. Ceux qui ont fait l’expérience de cette grâce éprouvent une haine intérieure du péché. Ils renoncent à l’impiété et aux convoitises mondaines en refusant de livrer ou de prêter une partie quelconque de leur corps (main, œil, oreille, langue, jambe, etc.) pour servir d’outil au péché. Unis au Christ dans la ressemblance de sa résurrection, nous nous donnons « à Dieu » et lui offrons nos « membres, comme des instruments de justice » (verset 13) ; c’est-à-dire que nous nous soumettons volontairement et délibérément au Christ pour être utilisés dans l’œuvre et la promotion de la justice.
Une autre raison pour laquelle le péché n’a pas de pouvoir sur l’enfant de Dieu justifié est que « vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » (verset 14). Ce n’est pas la loi, mais la grâce, qui est la condition et le fondement de notre acceptation par Dieu. La loi nous dit seulement ce qui est juste, ce que nous devons faire, sans nous donner la puissance de l’accomplir. Alors que la loi laisse l’homme condamné et coupable, la grâce produit la sainteté, surtout lorsque le croyant reçoit et vit par l’Esprit qui habite en lui et par la parole de la grâce (Romains 8:9 ; Hébreux 10:29 ; Actes 20:32). Sous la grâce, le croyant comprend et apprécie l’amour de Dieu manifesté au Calvaire, et y trouve une motivation supplémentaire pour l’aimer et lui obéir. « Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5:3).
Encore une fois, la grâce ne donne pas licence de pécher. « Quoi donc ! Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! » (verset 15). La grâce de Dieu enseigne aux croyants, et leur donne la force, de mettre en pratique ce que dit Tite 2:12 : elle nous enseigne « à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse ». C’est pourquoi un croyant ne peut vivre sans loi, puisqu’il est sous la loi d’amour du Christ (1 Corinthiens 9:21 ; Galates 6:2). Nous sommes donc tenus d’aimer le Seigneur, de le servir et de lui plaire en tout temps, et d’aimer notre prochain comme nous-mêmes.
« Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? » (verset 16). Si nous nous vendons au péché, nous en devenons esclaves et nous sommes voués à la perdition. Si, au contraire, nous choisissons d’obéir à Dieu, le résultat est une vie sainte de paix, de liberté et de vie éternelle dans son royaume. « Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice » (verset 18). Veillons donc à demeurer dans sa grâce, en priant, en veillant, en étudiant et en pratiquant sa parole, afin de ne pas perdre nos expériences spirituelles et de ne pas être perdus, car il n’y a pas de sécurité éternelle pour ceux qui retombent dans une vie de péché.
LE CONTRASTE ENTRE LES FRUITS DU PÉCHÉ ET CEUX DE LA JUSTICE
Romains 6:19-23 ; Ecclésiaste 12:14 ; 1 Corinthiens 5:6 ; Apocalypse 22:7 ; Ésaïe 55:1,2 ; Jean 6:27
Si nous gardons constamment à l’esprit la fin d’une vie de justification et celle d’une vie sous la grâce de la justification, cela nous motivera puissamment à accepter le don gratuit du salut en Christ. Avant même le grand et terrible jour du Seigneur, où « Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12:14), l’apôtre Paul appelle ses lecteurs à juger entre les fruits du péché et ceux de la justice. « Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice. Quels fruits portiez-vous alors ? Des fruits dont vous rougissez aujourd’hui. Car la fin de ces choses, c’est la mort » (Romains 6:20,21). Il met au défi les anciens pécheurs de montrer quels avantages ils auraient à perdre en abandonnant le péché pour accepter la grâce de Dieu en Christ.
La liste des fruits du péché comprend sûrement l’abus éhonté des talents donnés par Dieu, la trahison des affections et des confiances, le gaspillage de ressources et d’occasions précieuses, les torts faits aux parents, les mauvais traitements infligés aux enfants, aux conjoints et aux amis, la violation de nos meilleurs intérêts et, pire que tout, le mépris de l’offre gratuite de l’amour ineffable de Dieu en Jésus Christ. De notre vie passée, lorsque nous vivions « dans la dissolution, les convoitises, l’ivrognerie, les excès de table, les orgies, et les idolâtries criminelles » (1 Pierre 4:3), nous ne pouvons retirer que ce qui nous ferait rougir de honte. Voir d’autres se vautrer encore dans ces folies d’autrefois doit nous presser d’accomplir le devoir de l’évangélisation. De plus, nous devons nous consacrer à la justice et à l’amour de Dieu avec la même détermination, sans honte, que celle avec laquelle nous servions le péché. « Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice » : maintenant que nous sommes devenus enfants de Dieu, veillons dans la prière à rester totalement libres du péché.
« Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur » (verset 23). Tout acte de péché conduit inexorablement à la mort spirituelle, physique et éternelle. La demeure finale des pécheurs se trouve dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges, « là où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point » (Marc 9:44,46,48). C’est la forme d’ignorance la plus pitoyable que de voir des gens peiner, endurer, souffrir et même rivaliser entre eux pour gagner une place en enfer.
Il est étonnant que Dieu offre la vie éternelle comme un don gratuit à un monde qui ne le mérite pas, par Jésus Christ seul, qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification. Il l’a acquise par son propre sang et ne la donne qu’à ceux qui se repentent de leurs péchés et le reçoivent comme Seigneur et Sauveur. Notre identification avec lui exige que nous mourions au péché, que nous marchions et servions Dieu dans une vie nouvelle. Le Dieu de toute grâce, avec sa puissance infinie, peut nous sauver du péché, produire en nous la force spirituelle intérieure nécessaire à une vie sainte et nous préserver dans la piété jusqu’à la fin.
QUESTIONS DE RÉVISION
- Relevez la croyance erronée au sujet de la justification par la grâce dans le texte.
- En quoi l’ordonnance du baptême d’eau illustre-t-elle la mort et la résurrection du croyant avec le Christ ?
- Expliquez ce que Paul veut dire par « morts au péché ».
- Quelles sont les conséquences du fait d’être mort au péché ?
- Soulignez les avantages dont les croyants disposent sous la grâce dans leur marche pour plaire à Dieu.
- Citez quelques fruits d’une vie de péché sur la terre et dans l’éternité.
- Quel est le devoir des croyants à l’égard des pécheurs qui se glorifient encore de leur honte ?
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